Du côté des docks brumeux de Vermeville, une série de ruelle mal famée vous conduiront au Bayou Re. Une enseigne ternie par la poussière de charbon représente une figure encapuchonnée entouré de roseaux. La façade délabrée du bar ne donne guère envie de s’y aventurer; les vitrines ont été barricadées. Si vous poussez la porte du bar, vous arriverez dans un petit cloître ou ont été installés des tables où trainent des habitués, quelques mines patibulaires. Si vous vous y arrêtez prendre un verre, peut être pourrez vous apercevoir ces quelques clients que l’ont fait passer sous l’épais rideau derrière le bar. Si vous aussi vous montrez pâte blanche, on vous laissera alors passer avec eux dans ce petit escalier de pierre qui descend sous terre et d’où remonte des airs de Jazz Spantonais. Une fois en bas une salle au plafond voutée réverbère la mélodie entraînante d’un piano et d’un tuba à vapeur, le rythme dictée par une contrebrasse. Des lampes aux couleurs vertes et rouges éclairent sous l’épaix nuage des cigares des tables de jeux. Un drapeau des anciens royaumes de l’Ouest est accroché sur un mur ; à son opposé s’ouvre une scène ou jouent les musiciens. Le repère des mocassins. Sur le mur en face de vous, un long bar en bois de chêne aux étagères chargées de liqueur maison. A son extremité, une porte battante gardée par deux mocassins baraqués : derrière une volée de marche remonte vers une cour couverte ou poussent divers plantes au parfum enivrants. Au bout une porte verte avec un heurtoir en forme de serpent se mordant la queue vous donnera accès au laboratoire secret des Mocassins (qu’un tour de bobinette transformera en une idyllique petite maison.